Un bathyscaphe restauré à Toulon, des légionnaires romains au théâtre antique de Fréjus, un sentier archéologique à explorer en palmes à Hyères, une abbaye cistercienne mise en musique dans le Centre-Var. Les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, la 43e édition des Journées européennes du patrimoine ouvre plus de 120 sites varois, presque toujours gratuitement.
Deux thèmes pour la 43e édition
Le ministère de la Culture a retenu cette année une double entrée. D’un côté, le « patrimoine de la photographie » : deux siècles d’images, de fonds d’archives et de techniques de prise de vue, avec la question de leur conservation. De l’autre, un thème nettement plus offensif, « patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer », qui met en avant les sites menacés, les chantiers de restauration et les initiatives citoyennes qui les sauvent.
Dans le Var, ces deux fils se retrouvent partout : expositions de clichés anciens, ouverture de chantiers en cours, sites rendus au public après travaux. Le département recense plus de 120 animations réparties sur une quarantaine de communes, du littoral aux villages de l’arrière-pays. La quasi-totalité est gratuite ; certaines visites guidées et certains ateliers se font en revanche sur réservation, avec des jauges limitées.
Toulon : les archives, la Marine et le bathyscaphe
Le chef-lieu du Var propose une dizaine de rendez-vous sur le week-end. Les Archives municipales ouvrent leurs magasins avec des visites guidées, une conférence sur la restauration des documents et des ateliers consacrés aux archives numériques — une manière très concrète d’aborder le thème du patrimoine en péril.
Le Musée national de la Marine met en avant quatre siècles d’histoire maritime française et présente le bathyscaphe FNRS 3 restauré, l’un des engins les plus emblématiques de l’exploration sous-marine. La préfecture du Var ouvre également ses portes pour des visites architecturales — le bâtiment est labellisé Architecture contemporaine remarquable — tout comme la Banque de France, en petits groupes et sur inscription.
Pour les familles, un atelier parchemin et enluminure est programmé le dimanche 20 septembre : initiation à l’écriture médiévale et réalisation d’une lettrine à emporter.
Fréjus : la ville romaine en accès libre
Fréjus aligne une douzaine de propositions et joue naturellement sa carte antique. Musée archéologique, théâtre romain et cathédrale sont accessibles gratuitement. La plateforme romaine, site archéologique récemment restauré, rouvre au public, et des chantiers de fouilles se visitent en compagnie des archéologues qui y travaillent.
Le théâtre romain accueille plusieurs fois par jour des démonstrations de légionnaires en armes. Côté maritime, les pointus provençaux — ces barques traditionnelles de Méditerranée — sont mis à l’honneur. La programmation musicale n’est pas oubliée, avec un concert d’orgue et un récital de musique ancienne accompagné d’une soprano.
Plusieurs expositions complètent le parcours : Fréjus à l’époque romaine, cartes postales anciennes, villas de la Belle Époque, quarante ans de spectacles dans les arènes. Enfin, l’application « Fréjus l’Appli » propose des parcours numériques avec reconstitutions en 3D, dont un itinéraire « 2000 ans d’histoire » et un autre le long de l’aqueduc.
Hyères : archéologie, palmes et photographie
Avec près de quarante rendez-vous, Hyères affiche l’un des programmes les plus fournis du département. Le site archéologique d’Olbia — sanctuaire grec et nécropole romaine — se visite en autonomie ou en réalité virtuelle. Plus original : un sentier archéologique sous-marin se parcourt en palmes, masque et tuba, formule rare pour des Journées du patrimoine.
La ville propose aussi des visites guidées de son cœur médiéval, l’ouverture de domaines historiques comme le château San Salvadour et le Plantier de Costebelle, des expositions d’art contemporain — avec notamment des œuvres d’Alexander Calder — et une exposition photographique couvrant deux siècles d’images, en écho direct au thème national.
Dans les terres : abbayes, villages et musées insolites
L’arrière-pays n’est pas en reste. L’abbaye du Thoronet, l’une des trois sœurs cisterciennes de Provence, propose des visites libres et des interventions musicales dans une acoustique réputée dans toute l’Europe. Roquebrune-sur-Argens et Draguignan ouvrent chacune une série de sites, chapelles, hôtels particuliers et bâtiments municipaux habituellement fermés.
Le week-end est aussi l’occasion de pousser la porte de musées qu’on ne visite jamais : le musée des machines à écrire de Bargemon ou le musée du Vêtement provençal de Solliès-Ville figurent au programme. Plusieurs communes ouvrent enfin des équipements techniques — stations de traitement des eaux, plateformes de compostage — dans une lecture élargie de la notion de patrimoine.
Infos pratiques
43e Journées européennes du patrimoine — samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026.
Thèmes 2026 : « Patrimoine de la photographie » et « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ».
Tarif : gratuit pour la très grande majorité des sites. Certaines visites guidées et certains ateliers sont soumis à réservation préalable, avec des places limitées.
Où trouver le programme : sur le site officiel journeesdupatrimoine.culture.gouv.fr, où le programme est consultable commune par commune, ainsi que sur les sites des villes et des offices de tourisme.
Conseil : les sites les plus demandés — chantiers de fouilles, visites en petits groupes, activités nautiques — affichent complet très vite. Mieux vaut réserver dès la mise en ligne des créneaux.
